« Affaire Bartoli » : symbole du sexisme ordinaire

Depuis la semaine dernière, une vidéo fait le « buzz » non seulement sur Internet et les réseaux sociaux mais également sur plusieurs chaînes françaises parmi les plus regardées. Jamais, probablement, l’interview d’une candidate aux élections municipales insulaires aura été autant diffusée. Et force est de constater qu’il y a de bonnes raisons pour cela.

Le contexte est désormais bien connu, le maire PRG de Prupià Paul-Marie Bartoli, par ailleurs conseiller exécutif aux transports, a été déclaré inéligible jusqu’au mois de mai 2014. Or, les élections ayant lieu en mars et Paul-Marie Bartoli n’ayant aucune intention de laisser son mandat, celui-ci a décidé de placer sa femme, Caroline Bartoli, en tête de liste. Cette dernière devant démissionner immédiatement après la fin de la sanction touchant son époux. Jusque là, rien de malheureusement très surprenant pour quiconque suit la pulitichella insulaire. Rappelons tout de même, pour l’anecdote, que lors des élections territoriales de 2010, Paul-Marie Bartoli figurait sur la liste du futur ex-maire de Bastia, Emile Zuccarelli, grand spécialiste du mandat électoral dynastique.

Au-delà de cette pratique féodale détestable et déjà maintes fois condamnées par le mouvement national, il ne faudrait pas oublier l’autre violence de cette décision. En décembre 2013, U Cumunu réagissait à l’entrée d’Henriette Danti au conseil général de Haute-Corse afin de suppléer le défunt Pierre-Louis Nicolaï, conseiller élu dans la canton de Campuloru-Moriani. Première femme à siéger dans l’assemblée départementale, celle-ci expliquait qu’elle ne s’était trouvée là que par obligation légale, celle de présenter un ticket homme-femme aux élections, mais aussi que les femmes auraient des valeurs intellectuelles et morales propres, uniquement causées par leur différence biologique.

Cette fois, Caroline Bartoli est devenue tête de liste dans une commune de 3500 habitants par le seul fait d’être mariée à l’actuel homme fort de la ville. En clair, Caroline Bartoli se retrouve à mener une campagne par procuration pour son mari condamné donnant l’image peu réjouissante mais tellement répandue de l’épouse serviable. D’ailleurs, Paul-Marie Bartoli ne dit pas autre chose lorsque, interrogé en tant que « directeur de campagne » par un journaliste du Petit journal diffusé sur Canal +, il déclare : « Elle n’est pas faite pour ça !« . De la même façon, dans un article publié par Corse-Matin le 14 février, il ramène la candidate à la mairie de Pruprià au rang de « mère de famille« . Bravo M. Bartoli, nous retrouvons là les valeurs de la gauche : les femmes avec les enfants et les hommes à la tribune !

Alors que dans l’Etat français, une offensive réactionnaire est à l’œuvre notamment pour s’opposer à tout enseignement de l’égalité entre hommes et femmes, entre garçons et filles, il est plus que nécessaire que le mouvement de libération nationale affirme ces principes. La jeunesse corse a montré, ces dernières semaines, qu’elle était vivante et combative. Souhaitons qu’elle soit également à l’avant-garde sur ce problème, laissant dans les poubelles de l’histoire les stéréotypes et les pratiques sexistes d’une vieille troupe de clanistes en fin de règne.

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